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La Chronique internationale

 

 

En Inde, des contrats santé pour les pauvres.

Publié dans la Tribune de l'Assurance décembre 2008

 

La prise en charge de la santé n’a pas été une priorité des gouvernements indiens. La mortalité infantile a certes été divisée par deux depuis les années cinquante mais elle est encore trente  fois plus élevée qu’en France. Les Indiens consacrent 5% du PNB à la santé mais, dans ce pourcentage, l’Etat ne contribue qu’à hauteur de 0,9 %. L’essentiel du reste : 3,6% est payé directement par les patients, le solde étant pris en charge par l‘assurance groupe.

 

Ces constats ont incité plusieurs grands assureurs privés, où l’on trouve des joint ventures avec ses leaders européens comme BUPA et DKV, à proposer des polices destinées aux populations moins privilégiées. Aujourd’hui on trouve sur le marché des contrats d’hospitalisation, des garanties des maladies redoutées et des couvertures spécifiques de certaines affections graves, comme le diabète ou le cancer. Les contrats plus classiques de remboursements de frais selon le modèle français, ou au contraire de type HMO selon le modèle américain, ne semblent pas répandus.

 

Pour couvrir la médecine ambulatoire, plusieurs sociétés travaillent pour proposer des polices de durée 10 ans avec comme objectif de développer la prévention. Pour elles, le problème est évidemment l’absence de statistiques. Non seulement les assureurs ne disposent pas de séries fiables, puisque la branche n’était pas pratiquée, mais l’on peut penser que ces statistiques varient considérablement d’une classe sociale à l’autre, dans un pays où un quart de la population vit en dessous du seuil de pauvreté.

 

Pour s’adresser précisément à cette catégorie de la population, la société publique New India Assurance propose un contrat global prévoyant une garantie de frais de santé, un capital en cas de décès accidentel et des indemnités journalières en arrêt de travail. Les primes sont forfaitaires en fonction du nombre d’enfants et, pour les familles les plus pauvres, l’Etat accorde une aide financière. Le contrat est le plus simple possible : il est conçu pour être vendu dans les kirana, ces petites épiceries où traditionnellement les Indiens les moins favorisés font leurs courses. Il reste à savoir si cette simplicité et cette accessibilité seront suffisantes pour convaincre les plus pauvres.