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La Chronique internationale

 

 

 

Au Royaume Uni : affrontement sur les hausses en auto.

Publié dans la Tribune de l'Assurance Décembre 2011

 

Le torchon brûle entre le gouvernement britannique et les assureurs auto. Selon l’automobile club AA, en un an la prime moyenne d’un contrat dommages a augmenté de 40% et celle d’une garantie RC, Vol, Incendie Bris de glace de 83%. La prime moyenne d’un contrat dommages s’établit à 1000 livres soit 1150 euros, un peu plus du double de ce que paient les assurés français.

 

Quand le gouvernement invite fermement les assureurs à modérer leurs prix, ceux-ci répondent que depuis seize ans l’assurance auto n’a jamais été bénéficiaire, et ils égrènent les vices du système qui aboutissent à ces hausses de tarifs. Le nombre d’accidents corporels ayant fait l’objet d’une réclamation a cru de 72% entre 2002 et 2010, alors que le nombre d’accidents a diminué. Les frais judiciaires engendrés par la gestion des sinistres, dans un pays où n’existe pas de convention généralisée de gestion de sinistres, représentent 10% des primes. Quand sur un petit corporel une livre est versée à la victime, le cabinet No win No fees qui s’est chargé de l’affaire empoche 87 centimes.

 

Le niveau de fraude est également très élevé. 40 000 cas ont été découverts l’an dernier en assurance auto et l’on estime que le coût moyen de la fraude est de 40 livres par contrat. Enfin la conduite sans assurance coûte 500 millions de livres par an, soit environ 30 livres par contrat.

 

Si, sur bien des points, les assureurs se contentent de montrer des chiffres qui parlent d’eux mêmes, sur la question des jeunes conducteurs ils interpellent les pouvoirs publics. Il est clair qu’un meilleur enseignement de la conduite, et pourquoi pas un permis progressif qui n’autoriserait la conduite de véhicules rapides après quelques années d’expérience, sont de la responsabilité du gouvernement. L’urgence est là, car il existe évidemment un lien entre des tarifs d’assurance dissuasifs et un taux élevé de non assurance chez les jeunes. Si la prime des contrats RC a presque doublé en un an, c’est évidemment parce que c’est la garantie que souscrivent majoritairement les jeunes. Mais il est tout aussi clair que ces prix exorbitants sont à l’origine de cette hausse de la non assurance qui, elle-même, se répercute sur l’ensemble des automobilistes. La vieille histoire de la poule et de l’œuf.