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La Chronique internationale

 

 

En Irlande : l’auto de nouveau dans les clous.

Publié dans la Tribune de l'Assurance novembre 2008

 

Le marché de l’assurance automobile irlandais a connu de très sombres années. Le renouvellement du parc lié à la hausse du niveau de vie, la météo pluvieuse et le goût irrépressible des habitants pour les soirées très arrosées avaient conduit l’assurance automobile au bord du gouffre. L’Irlande fut la première terre d’expérimentation du pay as you drive, qui n’était pas conçu comme un instrument d’étude des comportements mais présenté comme l’indispensable sésame pour que les jeunes conducteurs trouvent un assureur.

 

Cette période sombre est loin. Si, entre 1997 et 2003, la hausse des primes RC fut de 60%, depuis quatre ans elles diminuent, de 7% par exemple en 2006. La fréquence a très légèrement augmenté, mais le coût des sinistres a baissé : il est aujourd’hui au niveau de ce qu’il était en 2001. Certes les profits des sociétés tendent à diminuer : ils ont été maximisés dans la période où subsistaient des primes très élevées, correspondant à la sinistralité antérieure, alors que la fréquence s’était déjà améliorée. Néanmoins ce retour à la normale, s’il continue à se traduire par une baisse tendancielle des primes n’obèrent pas – pas encore ? – la rentabilité des sociétés.

 

L’origine de cette amélioration du coût moyen n’est pas sans intérêt pour les assureurs français, qui plaident pour la mise en place d’un référentiel pour le règlement des sinistres corporels. Les experts irlandais s’accordent sur le rôle très positif du « Personal Injuries Assessment Board » dans cette réduction des coûts. Cet organisme public, opérationnel depuis 2005, intervient à la demande de la victime pour fixer le montant des indemnités. Il utilise un référentiel qui, à partir du rapport médical, fixe une fourchette d’indemnisation pour les préjudices personnels. La victime comme le responsable sont libres d’accepter la décision du Board et, en cas de refus, la voie judiciaire reste ouverte . En 2007, le Board a réglé 8200 dossiers compris entre 1000 et 600 000 euros d’indemnité, dans un délai moyen de règlement de 7 mois, très inférieur à celui des recours judiciaires. Trois avantages pour les assureurs : des indemnités contrôlées et prévisibles, une plus grande rapidité de règlement et surtout l’absence des frais induits par l’intervention des avocats qui, dans ce système, ne sont pas appelés à intervenir.