©2008 Vigie
Design by Cupcake

La Chronique internationale

 

 

 

Pays de l’OCDE : la disparité des retraites.

Publié dans la Tribune de l'Assurance Juin 2009


Le rapport qui vient d’être publié souligne d’abord l’importance des actifs gérés par les régimes de retraites en capitalisation. Pour l’ensemble des pays membres, ils représentaient, en 2007, 111% du PNB. Ces pourcentages très élevés ne se vérifient que dans les vieux pays riches, majoritaires à l’OCDE. A titre de comparaison, les fonds de pension indiens ne représentent de 5% du PNB et les fonds russes 2%.

 

L’étude montre surtout les disparités qui existent entre les systèmes européens de fonds de pensions. A commencer par les politiques d’investissement qui ont été très différentes selon les états. Entre 2001 et 2007, les fonds américains ont massivement acheté des actions qui ont représenté jusqu’à 60% de leurs encours, et ils ont, bien sûr, subi de lourdes pertes en 2008. Pendant la même période, les fonds hollandais, suisses et danois qui se sont portés sur les obligations ont mieux supporté le choc de la fin d’année.

 

De même, les coûts de gestion rapportés aux actifs sont très variables. Les fonds de pension tchèques dépensent 1,4% des actifs en frais de gestion, les anglais 1,2 % mais les allemands et les autrichiens seulement 0,4%. Sur la durée ces écarts pèsent lourds sur la rentabilité de l’investissement que réalise le salarié qui est un retraité futur.

 

L’étude mesure aussi le taux de remplacement entre le dernier salaire et la retraite. La Grèce et l’Italie, où les systèmes publics par répartition sont très dominants, accorderont à leurs retraités les meilleures pensions : entre 80 et 90% du dernier salaire. Les Etats-Unis, en dépit de la faiblesse du système public, accorderont 80% du dernier salaire, tout au moins aux salariés des grandes entreprises et la Grande Bretagne s’approchera de 70%. La France se situe en queue de peloton avec un taux de remplacement de 50 à 60%, conséquence de la faiblesse des fonds de pension. Son cas n’est pas isolé : en Allemagne, au Japon, en Australie, les travailleurs qui auront cotisé quarante ans aux régimes publics et complémentaires risquent de se retrouver avec une pension inférieure à 60% de leur salaire. C’est le message que doivent faire passer les assureurs Vie de ces pays : un effort individuel reste indispensable pour compléter les régimes collectifs quelque soit leur mode de financement.