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La Chronique internationale

 

 

 

Au Chili : les assureurs sereins après le tremblement de terre.

Publié dans la Tribune de l'Assurance Mai 2010

 

Le séisme qui a frappé le Chili le 27 février dernier est le plus important depuis trente ans dans un pays où l’on observe cinq cent secousses telluriques par an. C’est dire que les Chiliens et leurs assureurs sont habitués et préparés à ces événements.


Le coût est estimé par les réassureurs entre 4 et 7 milliards de dollars, le double de celui qui précédent séisme. Sur le marché des particuliers, la couverture tremblement de terre est largement répandue car elle est de fait obligatoire pour les constructions récentes, financées par un crédit bancaire. La banque exige une assurance incendie pour couvrir son hypothèque et, en annexe, une garantie en cas de tremblement de terre. C’est la banque qui est bénéficiaire mais c’est elle qui est responsable de la remise en état de l’immeuble sinistré. Cependant si l’immeuble est protégé, il n’en va pas de même pour le mobilier qui appartient à l’assuré et n’est pas nécessairement assuré.


Bien évidemment les sociétés ont toutes pris des dispositions exceptionnelles pour venir en aide aux victimes :  plateformes téléphoniques, appel à des collègues d’autres pays d’Amérique latine, allongement des délais de réclamations. Néanmoins ces règlements seront longs. Il faudra régler 300 000 dossiers, soit soixante fois plus que lors du séisme de 1985. Les experts mettront du temps, d’autant que les zones sinistrées sont très étendues.


Pour les sociétés d’assurance chiliennes le problème est celui de la gestion proprement dite de ces sinistres, car le coût total de la catastrophe ne semble pas les affecter outre mesure. 60% des capitaux assurés sont concentrés dans trois sociétés dont deux sont des majors étrangères Globalement le marché réassure largement ce risque : la rétention n’est que de 18,9% et ce sont Münchener et SwissRe, qui paieront l’essentiel de la note.


Cette sérénité des assureurs est partagée par le gouvernement. Le tout nouveau président Sébastian Piñera a expliqué que les trois prochains mois seraient difficiles pour l’économie, mais que l’effort de reconstruction se traduirait par une hausse du PIB comprise entre 4 et 5%. Il aurait pu ajouter que cette embellie économique serait largement financée par les réassureurs, c’est à dire par des capitaux étrangers.