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La Chronique internationale

 

 

Au Bénin, une micro-assurance indigène.

Publié dans la Tribune de l'Assurance mai 2008

 

Les populations africaines n’ont pas à attendre les leçons venues d’Inde ou d’Europe pour mettre en place des mécanismes de micro-assurance. Au Bénin il existe de très nombreuses associations d’origine purement locales qui s’organisent pour apporter un soutien à leurs membres en cas de dépenses imprévues, liées à des obsèques mais aussi à une maladie, à la perte d’un emploi ou à un incendie. Elles interviennent aussi pour des évènements heureux mais coûteux, comme les mariages. Inspirées des tontines africaines, ces associations apportent une contribution financière à leurs membres touchés par l’un des événements garantis. Chaque participant a le droit d’être indemnisé un certain nombre de fois, et si son droit de tirage sur le groupe est épuisé, il doit passer son tour et attendre que les autres membres aient été indemnisés autant de fois que lui.

 

L’indemnisation des sinistres se fait une fois le sinistre survenu. Chaque membre est alors invité à contribuer au paiement de l’événement garanti. Bien évidemment, même si ces associations sont purement informelles, chaque participant se doit de payer sa part. Le non paiement entraîne l’exclusion du groupe mais surtout se traduit par un blâme public, une sanction très lourde dans ces sociétés où tout le monde se connaît.

 

L’association naît de l’initiative de membres fondateurs qui se connaissent et se cooptent. Des nouveaux peuvent être admis ensuite, mais ils doivent être parrainés ou s’acquitter d’une sorte de droit d’entrée. La dimension des sinistres, et donc des contributions demandées pour les indemniser, dépend du niveau social et économique des membres. Avant de chercher à entrer dans une association, le postulant doit vérifier que les membres actuels sont dans une situation comparable à la sienne afin qu’il ne lui soit pas réclamé de contribution trop élevée.
 

Le nombre de ces associations et leur dynamisme, au Bénin en tous cas, font elles des vecteurs tous désignés pour la pénétration d’une micro-assurance reposant sur les bases techniques plus solides.  L’afectio societatis est là, leur connaissance du terrain est parfaite, le bouche à oreille tient lieu de réseau de distribution, les ingrédients sont réunis pour que la mutualité se développe.