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La Chronique internationale

 

 

 

L’assurance santé aux USA : vraie réforme ou simple contrôle des prix ?

Publié dans la Tribune de l'Assurance Avril 2010


La réforme de l’assurance santé voulue par le Président Obama vient tout juste de franchir les obstacles que lui opposaient les parlementaires républicains et les lobbies des assureurs et des laboratoires. Depuis 2000, les primes d’assurance santé ont doublé et augmenté trois fois plus vite que les salaires. Au rythme actuel, en 2018, les dépenses de santé représenteront 20 % du PIB alors que 50 millions d’Américains ne bénéficient d’aucune couverture sociale.


Dans sa formulation initiale, la réforme visait à contrôler les coûts. On récompense financièrement les cliniques les plus performantes, c'est-à-dire celle où les taux de réadmission des patients sont faibles. On lutte contre la fraude dans les deux programmes Medicare et Medicaid destinés le premier aux seniors et le second aux nécessiteux. A travers les paiements que Medicare fait aux médecins, le gouvernement entend privilégier les praticiens les plus efficaces et non ceux qui voient le plus de patients. S’agissant des médicaments, l’idée est de développer les génériques en renforçant le rôle de la Federal Drug Administration.


Devant l’opposition qu’a suscité ces projets, le président Obama a fait des propositions plus modestes. D’une part, il s’agirait d’encadrer la sélection des clients telle que la pratiquent les assureurs. D’autre part, une Autorité des tarifs d’assurance santé serait crée pour procéder chaque année à une analyse des tarifs pratiqués par les assureurs. Elle pourrait les obliger à diminuer leurs tarifs et même à effectuer des ristournes aux assurés.


A ce jour il est trop tôt pour savoir comment se mettra en place le texte tout juste voté mais le scandale provoqué par Anthem Blue Cross, principal assureur santé non mutualiste de Californie, arrive au bon moment. Après avoir envoyé 525 millions de dollars à son actionnaire, Anthem vient d’annoncer une hausse de 39% de ses tarifs, car elle serait victime d’une anti-sélection. Du fait de la crise économique, les gens jeunes et bien portants ne s’assurent plus et donc seuls restent couverts les clients à risque. Si, sur un plan technique l’argument peut s’entendre, le moment choisi pour le développer ne peut qu’apporter de l’eau au moulin des partisans d’une réforme.