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La Chronique internationale

 

 

Davos, le forum de tous les risques.

Publié dans la Tribune de l'Assurance avril 2008

 

Le Forum économique de Davos a publié une analyse des risques qui menacent la planète et s’est interrogé sur les moyens de les contenir. Quatre familles de risques ont été identifiées. Le risque financier systémique résulte de la globalisation de l’industrie financière au cours des vingt dernières années. Le risque alimentaire est généré par la modification des habitudes alimentaires des pays émergents. De nouvelles pénuries se créent qui amènent à repenser les prix des matières premières agricoles. L’interpénétration des économies engendre une autre série de risques provoqués par l’interdépendance croissante et inextricable des industries. Tout événement affectant un maillon de la chaîne de production peut avoir des retentissements imprévisibles. L’énergie enfin est à l’origine de la quatrième famille de risques : politiques, ceux des guerres destinées à se procurer des ressources, économiques liés au renchérissement des coûts de production, environnementaux liés aux diverses pollutions, échouage de tankers ou émissions de CO2.

 

Pour les auteurs du rapport, si l’assurance ne peut seule faire face à ces nouveaux défis - ce dont les assureurs se réjouiront - elle peut contribuer à les circonscrire. En quantifiant et en analysant le risque, ils font le premier pas vers la prévention. Comme celle-ci ne suffit pas, ils doivent continuer à développer les cat bonds, ou des instruments financiers similaires, pour contribuer à une plus large répartition des conséquences financières des catastrophes. Enfin, les assureurs doivent être autorisés à calculer leurs primes en fonction du risque réel, sans tenir compte de préoccupations sociales ou politiques.

 

Dans la logique libérale qui prévaut à Davos, le fait que les primes deviennent prohibitives dans les zones à risques est perçu positivement, puisque cela aura un effet dissuasif sur ceux qui veulent s’y installer. Quant à ceux qui y vivent déjà, c’est l’Etat qui doit les aider à payer leurs primes. Si les assureurs ne peuvent qu’apprécier cette liberté tarifaire, on peut s’interroger sur la cohérence des experts. Au nom du libéralisme, ils prônent la vérité des prix, pour dire aussitôt après que seules des subventions étatiques peuvent solvabiliser le marché de l’assurance dans les zones à risques.